Historique Radio Musicale Québec/Quebec Music Radio Story

Les premiers moments de la radio:

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Les premiers moments de la radio:

Post by Guylaine on Wed 7 May - 3:46

Voici une liste non-exaustive des premières stations de radio dans la province de Québec à partir de la fin des années 10 et le début des années 20. La liste comprend dans l'ordre l'année d'apparition ou de changement de fréquence, les lettres d'appel, la fréquence ou longueur d'onde, la provenance de la station et le propriétaire de la station.

1917

XWA Montréal: Canadian Marconi Wireless Company (plus tard CFCF, CJQC et CINW)

1920

CFCF 440 Montréal: Marconi... (CFCF: Canada's First, Canada's Finest)

1922

CKAC 410 Montréal: La Presse
CFCF 410 Montréal: Marconi...
CHJC ??? Québec: ?

1923

CHCD 410 Québec: Canadian Wireless and Electric Co.

1924

CFCJ 410 Québec: La Compagnie de l'Évènement (Émile Fontaine)
CFUC 400 Montréal: Université de Montréal
CHYC 420 Montréal: Northern Electric Co.
CJBC ??? Montréal: Dupuis et Frères.
CKAC 430 Montréal: La Presse.
CFCF 440 Montréal: Marconi...
CFCQ 450 Bellevue: Sammelhaack-Dickerson
CKCS ??? Montréal: Bell Telephone Co.
CKCI 410 Québec: Le Soleil (Joseph-Narcisse Thivierge)

1926

CNRM 730 Montréal: CNR
CKAC 730 Montréal: La Presse
CFCF 730 Montréal: Marconi...
CHYC 730 Montréal: Northern Electric Co.
CHRC 600 Québec: Fontaine et Thivierge
CKCI 600 Québec: J-N Thivierge
CKCV 600 Québec: Charles-A. Vandry

1927

CFCF et CKAC 410 Montréal
CHRC, CKCI et CKCV 340 Québec
Selon le Soleil du 19 novembre 1927

1928

CHRC 880 (Hôtel Victoria) Québec: Émile Fontaine et Joseph-Narcisse Thivierge
CKCI 880 (Hôtel Victoria) Québec: Joseph-Narcisse Thivierge (fin des opérations et du partage du temps d'antenne avec CHRC: 1930 environ)
CKCV 880 Québec: Charles-A. Vandry.
CNRQ 880 Québec: CNR (via l'antenne de CKCV)
CKSH ??? St-Hyacinthe: Ville de St-Hyacinthe.

1929

CKCV 800 Québec: C-A Vandry
Note. Comme il n'y a probablement qu'une seule fréquence disponible à Québec en 1929, CHRC, CKCI et CNRQ ont eu la fréquence 800 aussi. Par contre, pour CKCV, en 1933 ce fut le 1310, en 1941, le 1340, et enfin de 1947 jusqu'au signoff définitif en 1990, ce fut le 1280.

N.B. J'ai été à même de constater dans mes recherches qu'il y a avait des contradictions particulièrement au niveau des fréquences des stations dépendamment des sources d'informations. En fait, la source où l'on tenait un registre plus rigoureux, ce sont les listes de la marine américaine qui faisaient état des nouvelles stations de radio en Amérique du Nord. Et encore, je ne sais pas comment les gens des Marines ont fait pour compiler leurs données. Les autres sources ont été fabriquées à partir de témoignages d'artisans et d'audiophiles de l'époque, donc avec la fiabilité aléatoire de la mémoire des témoignants.

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Re: Les premiers moments de la radio:

Post by Guylaine on Wed 7 May - 3:48

Sur le site de la phonothèque, on trouve les premières stations suivantes:

Pour le Québec: CKAC (La Presse), CFCF (Marconi), CJBC (Dupuis Frères), CHYC (Northern Electric), CFZC, CHCX, CKCS, CFUC (Université de Montréal), CFCJ (L'Événement Journal, Québec).

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Re: Les premiers moments de la radio:

Post by Guylaine on Wed 7 May - 3:49

www.cyberpresse.ca


La radio, une petite boîte qui a changé le monde...


La station de radio CHRC a longtemps eu pignon sur la rue Saint-Jean, dans le Vieux-Québec, au coin de la côte du Palais.
Archives Le Soleil

Daphné Bédard


Le Soleil

Québec

Bien avant l’apparition de la télévision, la radio
a révolutionné le monde des communications. Deuxième média de masse à
naître après les journaux, la radio a connu un départ fulgurant dans
les années 20. Accessible, instantanée, animée, elle n’a pas tardé à se
tailler une place dans le cœur des citoyens de Québec, à bousculer
leurs habitudes de vie et leur conception du monde.


Au début des années 1900, les Québécois découvrent les
«nouvelles technologies» comme le téléphone, l’automobile et l’avion.
Attirés par les emplois dans les industries, ils quittent la campagne
pour la ville. L’arrivée de la radio, un média urbain, s’inscrit dans
cet esprit. Rapidement, elle transforme la façon de vivre des gens de
Québec. À l’instar du téléviseur aujourd’hui, l’appareil radiophonique
est installé au centre du salon. L’horaire des repas familiaux est
ajusté en fonction de la diffusion des émissions à ne pas manquer.

On
doit à Joseph-Narcisse Thivierge l’éclosion de la radio à Québec. Celui
qu’on surnomme «le père de la radio» inaugure en 1924 la station
CKCI-Le Soleil. Employé du quotidien du quartier Saint-Roch, M.
Thivierge croit «au pouvoir de la radio pour rehausser le prestige d’un
journal», écrivent Jean Du Berger, Jacques Mathieu et Martine Roberge
dans le livre La radio à Québec 1920-1960. Deux ans avant lui,
Jacques-Narcisse Cartier, un employé de La Presse, avait avancé le même
argument pour ouvrir la station CKAC à Montréal. CKCI, qui ne diffuse
que quelques heures par jour, aurait cessé ses activités après sept ou
huit ans d’existence.

En 1926, Joseph-Narcisse Thivierge se
joint à un autre passionné de radio, Émile Fontaine, et fonde CHRC
quelques mois plus tard. CHRC ne fait pas cavalier seul

longtemps
puisque Charles-A. Vandry ouvre CKCV. CHRC, CKCV et une station de
radio américaine auraient partagé au début de leur vie une seule et
même fréquence, chacune ayant ses heures de diffusion.

Pendant
12 ans, CHRC et CKCV s’offrent une concurrence amicale. CHRC est perçue
comme «le poste de la famille et de l’information» alors que CKCV se
veut une station «plus légère, plus jeune et plus locale», peut-on lire
dans le bouquin La radio à Québec 1920-1960.

Radio-Canada

Le
paysage radiophonique se transforme lors de l’arrivée de CBV-Québec en
1958. Subventionnée par l’État, la station radio-canadienne se voit
confier un mandat de culture, de divertissement et d’information.

«La
radio, c’était fondamental pour les gens de l’époque, rappelle
Paul-Henri Émond, animateur de l’émission Des voix et des hommes,
consacrée à la radio et diffusée au poste communautaire CKIA. La radio
avait trois missions : informer, cultiver et divertir.» Du côté
divertissement, les auditeurs peuvent, entre autres, compter sur Les
Montagnards Laurentiens, un groupe de musique traditionnelle qui égaie
les samedis soir à CHRC de 1931 à 1962. Le père de Paul-Henri Émond,
Henri, en est l’un des membres fondateurs.

Dans les années 40 et
50, on peut entendre sur les ondes des concerts de musique classique,
de l’opéra, du rock and roll américain, du folklore et de la chanson
française. L’émission Blue Skies, qui dure 20 ans à CKCV, se fait un
devoir d’être à l’affût des nouveautés musicales. Les ondes sont
également occupées par des jeux radiophoniques, des émissions
éducatives, religieuses, féminines, pour enfants, des radio-théâtres et
des radio-romans, toutes des émissions faites à Québec.

Polyvalence

Ceux
qui travaillent dans les 50 premières années de la radio doivent faire
preuve de polyvalence. Ils sont à la fois journalistes, annonceurs et
animateurs de galas. Ils sont présents à tous les événements qui
intéressent les gens. Ils se retrouvent sur le terrain lors de
catastrophes naturelles, de visites de politiciens et d’événements
mondains. De plus, ils interviewent des chanteurs populaires comme
Charles Aznavour, Alys Robi, Félix Leclerc, Maurice Chevalier, Barbara
et Dalida.

Au fil des années, plusieurs animateurs font entendre
leur voix. On pense, entre autres, à Aline Fortier, Georgette Lacroix,
Magella Alain, Marcel Lebœuf, Louise Leclerc, St-Georges Côté,
Françoise Larochelle-Roy, René Arthur, Freddy Grondin, Roland Lelièvre
et Louis Francoeur.

L’arrivée de la télévision

L’apparition
de la télévision en 1952 ébranle les stations de radio. L’attrait de la
nouveauté amène un auditoire important et bon nombre de publicitaires à
délaisser la radio au profit de la télévision. Les gens continuent à
syntoniser la radio le matin, mais écoutent la télévision en soirée.
Les stations licencient des animateurs. Plusieurs comédiens, acteurs et
chanteurs déménagent à Montréal, attirés par le pouvoir du petit écran.
La radio devient alors plus musicale. «À ses débuts, la télévision a
créé un engouement semblable à celui qu’avait suscité la radio au cours
des années 30 ; elle était miracle, elle était magie, peut-on lire dans
La radio à Québec 1920-1960. On crut alors qu’elle porterait un coup
fatal à la radio.»

L’arrivée de la télévision mar­que selon
plusieurs la fin de l’âge d’or de la radio. Mais force est d’admettre
que, de la même façon que la radio n’a pas tué les journaux, la
télévision n’a pas encore eu raison de la radio. CBV et CHRC existent
encore aujourd’hui sous les noms de Première Chaîne et d’Info 800.
Seule la station de la place D’Youville, CKCV, a fermé ses portes en
1990.

Références

• Jean Du Berger, Jacques Mathieu et Martine Roberge. La radio à Québec 1920-1960.

• Pierre Pagé. Histoire de la radio au Québec.


Des voix et des hommes à CKIA animée par Paul-Henri Émond. Pour se
procurer le livre de M. Émond sur Les Montagnards Laurentiens, vous
pouvez le joindre au 884-3120.


Freddy Grondin a fait
le beau temps de CKCV, dans les années 50 et 60. «Les gens vivaient
avec nous. La radio (...), c’était le lien direct entre le peuple et
les gens qui font l’actualité.»
Le Soleil, Laetitia Deconinck

Freddy Grondin a été l’une des voix de CKCV pendant les années 50 et
60. «On était les vedettes chéries du peuple, se remémore-t-il. On
était invités partout, on faisait partie de l’action.» Encore
aujourd’hui, il ne se passe pas une semaine sans que quelqu’un l’arrête
pour lui parler de ses années radiophoniques. La belle époque,
souligne-t-il.

Freddy
Grondin est engagé à CKCV en 1953 pour travailler avec le «dieu des
ondes», St-Georges Côté. Le jeune Freddy anime des émissions le matin
et court les conférences de presse et les nouvelles l’après-midi. « Il
fallait être de tous les événements, raconte-t-il. Il y avait beaucoup
de concurrence entre les stations.»

Freddy Grondin est envoyé
en Europe deux fois pour interroger des soldats canadiens en occupation
en Allemagne. Avec les années, il devient annonceur pour des
commerçants comme J.B. Laliberté et maître de cérémonie au populaire
cabaret Chez Gérard. «On touchait à tout», rappelle-t-il.

Au
milieu du XXe siècle, la radio est un média rassembleur. Le matin, en
entrant au boulot, les gens parlent des émissions de radio de la veille
comme c’est le cas aujourd’hui avec la télévision. «Les gens vivaient
avec nous, explique M. Grondin. La radio, c’était L’Action catholique
des années 30 et 40. C’était le lien direct entre le peuple et les gens
qui font l’actualité.»

Pendant ses années à la radio, Freddy
Grondin anime entre autres l’émission La chansonnette, où il fait jouer
la musique des Bécaud, Aznavour et Louvain. Il tient également la barre
du Retour au foyer pendant six ou sept ans. Son métier lui offre le
privilège de rencontrer les «grands de ce monde» : De Gaulle,
Duplessis, Bécaud, Piaf, Trenet, Aznavour.

Dans les années 60,
la télévision commence à prendre davantage d’importance dans la vie des
gens. «La télévision a eu un impact désastreux sur la radio, croit
M.
Grondin. On n’avait pas compris que les deux pouvaient se marier très
bien.» Les stations, qui voient leurs revenus publicitaires diminuer,
sont obligées de se redéfinir et de mettre à pied des employés. Et ne
faisait pas de télévision qui voulait puisque l’image — qui avait peu
d’effet à la radio — devenait soudainement primordiale. Homme
charismatique, Fred­dy Grondin passe facilement d’un média à l’autre.
Il travaille pendant 10 ans à la télévision, notamment à l’animation de
Misez juste à Télé-4, une version québécoise de The Price Is Right.

À
son départ du petit écran, il étudie en science politique à
l’université avant d’être recruté par Jean-Paul L’Allier au ministère
des Communications. Il y travaille un quart de siècle jusqu’à sa
retraite.

Aujourd’hui, à 78 ans et malgré quelques problèmes de
santé qu’il préfère taire, Freddy Grondin profite de la vie avec sa
femme, ses enfants et ses petits-enfants. Cette ancienne star des ondes
admet allumer rarement son poste de radio. «On a beaucoup amélioré la
technique, mais la radio a perdu de son lustre, je crois.»

GEORGETTE LACROIX:


De 1947 à 1971,
Georgette Lacroix a été l’animatrice préférée des auditeurs de CHRC.
«Je voulais prouver qu’une femme pouvait faire tout ce qu’elle
voulait», affirme la dame qui a mené une carrière radiophonique
remarquable tout en élevant sa fille toute seule.
Le Soleil, Raynald Lavoie

«Ça a été la plus belle période de ma vie!» Georgette Lacroix parle en
ces termes de ses années sur les ondes de CHRC. De 1947 à 1971, elle a
été l’animatrice chouchoute de CHRC. Curieuse et déterminée, «Jojo»,
comme on la surnommait, couvrait tout ce qui passait sur la scène
artistique. Son émission Pourquoi pas?, qu’elle a animée, entre autres,
avec Jacques Bélanger a duré 24 ans. «Les gens pensaient qu’on était en
amour tellement on s’entendait bien», se rappelle Mme Lacroix. Dans les
faits, il n’en était rien, mais l’animatrice aimait avoir une belle
complicité avec ses camarades.

Georgette
Lacroix commence à faire de la radio pendant la guerre pour le quartier
général du service naval à Ottawa. Elle passe ensuite l’audition pour
entrer à CHRC. Elle est engagée sur-le-champ. Elle écrit des textes,
raconte des histoires de toutes sortes et reçoit les vedettes du moment
comme Maurice Chevalier, Charles Aznavour, Barbara et Dalida. «J’ai été
gâtée par la vie!» admet la femme de 87 ans.

Petite, Georgette
Lacroix était fascinée par la radio. Quand ses parents refusaient
d’allumer l’appareil radio, la petite Georgette se réfugiait chez sa
grand-mère et s’installait devant le poste. «(…) Aujourd’hui qu’on a la
télévision, ça peut sembler un peu naïf, un peu idiot, disons-le, de
regarder une boîte qui parle. Mais je regrette aujourd’hui que les gens
n’attachent pas plus d’importance à ce médium d’information, trop gâtés
qu’ils sont par l’image, le cinéma, la télévision», dit-elle dans le
bouquin La radio à Québec 1920-1960, des auteurs Jean Du Berger,
Jacques Mathieu et Martine Roberge.

À huit ans, Georgette
Lacroix perd son avant-bras gauche, resté coincé dans un hachoir à
viande. Quelques années plus tard, elle dit à sa mère qu’elle veut
faire de la radio. Celle-ci l’en décourage étant donné sa condition.
Elle l’incite plutôt à se trouver un bon mari qui la fera vivre. Forte
tête, Georgette Lacroix refuse d’attendre un homme pour accomplir quoi
que ce soit. «Je voulais prouver qu’une femme pouvait faire tout ce
qu’elle voulait», lance-t-elle.

Sa vie démontrera qu’elle a eu
raison de tenir tête à sa mère. Elle fera une carrière radiophonique
remarquable, aura une fille qu’elle élèvera seule, voyagera dans le
monde entier, travaillera à la télévision et aux Archives nationales du
Québec, écrira une dizaine d’ouvrages et… ne se mariera jamais. «On m’a
pris une main, mais on m’a donné tellement plus. J’ai eu une vie
fantastique», philosophe la sympathique dame.

SOURCE : RADIO-MONDE

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